Texte Libre


Pourtant respectueuse de la « TRADITION », ma famille a toujours été curieuse de comprendre le « PROGRES »

Puisque « BLOG » il y a, nous en userons en complément de notre site www.moulinhautlaroque.com

Bavard comme je suis, je saisi l'opportunité de causer avec vous du monde du Vin et j'attends avec impatience vos commentaires !

Jean-Noël Hervé

Vendredi 19 mai 2006 5 19 /05 /Mai /2006 09:09

Le staff de Yamazaki à Moulin Haut Laroque :


Quelle surprise ! En pleine mise en bouteilles, 6 personnes de la Société japonaise distributrice de mes vins sont passés me faire coucou , leur big-boss y compris !


En réalité ils venaient me prier d’être des leurs à Tokyo fin Juin lors d’un Wine Festival au cours duquel ils recevront  leurs 400 plus gros clients.

Je me suis surpris à dire oui, aussi comme je l’ai déjà fait l’année passée, je vais aller porter « la bonne parole » au Pays du soleil levant.

Il est vrai que j’aime l’Asie et que ces gens qui sont devenus des amis sont tellement passionnés par nos vins que je ne peux que me mettre à leur disposition.

Les dégustations durent en général de 8 heures du matin à minuit non stop.

Il y aura trois jours comme cela, un jour de voyage aller et un autre pour le retour, soit 5 jours hors du vignoble.

Je ne vais pas me plaindre mais je vous assure que c’est parfaitement épuisant.


Par Jean-Noël Hervé - Publié dans : Dégustations/Manifestations
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Mardi 16 mai 2006 2 16 /05 /Mai /2006 09:21

De 6 heures à 20 heures sans interruption, je suis occupé à la mise en bouteilles et je veille à tout. Le nombre de détails à maîtriser est impressionnant.

 


Comme pour chaque millésime, j’ai le sentiment très fort de l’avoir « raté ». Dans ces derniers instants où mon sens critique doit être très éveillé pour éviter tout problème, je ne vois que les défauts, que les imperfections. Si ce phénomène ne m’était pas arrivé à chaque fois, je pourrais croire à une déprime.


Cela me rappelle les études, à quelques heures des examens : malgré un bon niveau et des révisions consciencieuses, même (ou surtout) le bon élève éprouve la sensation de ne plus rien savoir, de ne pas être en mesure de réussir.

Cette impression de ne pas être le « maître » de la situation me rend encore plus attentif, plus concentré.

Quand je vous dis qu’il faut avoir une bonne dose de masochisme en soi pour faire du bon vin !!

Par Jean-Noël Hervé - Publié dans : Dans les chais
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Mardi 9 mai 2006 2 09 /05 /Mai /2006 08:51

A l’ouverture de mes fenêtres, voici ce que j’ai vu ce matin :



Notre vignoble illuminé par le soleil levant, émerge d’une « mer de brume » dans laquelle baignent la rivière Isle, le vignoble de Pomerol et la périphérie de la ville de Libourne situés plus bas à quelques kilomètres , face à nous, plein Est.

Par Jean-Noël Hervé - Publié dans : Divers
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Vendredi 5 mai 2006 5 05 /05 /Mai /2006 16:10

Un passage obligé dans la vigne !

            La nature est prévoyante :

Chaque bourgeon offre trois possibilités de pousse,

- La première, normale, portera le futur raisin.
- La deuxième (1ier contre-bourgeon), de même mais n’apparaît qu’en cas de disparition de la première.
- Puis la troisième (2ieme contre-bourgeon), dernier recours, en général non fructifère.

            La nature a aussi ses caprices :

Il arrive que bourgeon et 1ier contre bourgeon poussent en même temps doublant ainsi le nombre de grappes.

            Le producteur est vigilant :

Comme l'illustrent les photos ci-dessous, nous éliminons à la main chaque contre-bourgeon, évitant ainsi un entassement de grappes qui seraient non désirées puisque concurrentes des premières et de maturité plus tardive de surcroît !



Par Jean-Noël Hervé - Publié dans : Dans les vignes
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Jeudi 27 avril 2006 4 27 /04 /Avr /2006 13:45

Les professionnels du vin encouragés par la note de Robert PARKER (90-92) achètent toutes les caisses de Château Moulin Haut Laroque 2005 qu’ils peuvent.

Dix bureaux de Courtage Bordelais enregistrent ces transactions avec plus de soixante dix Négociants de la Place.

Depuis Mardi matin je dois chaque instant mécontenter les Maisons qui se pressent pour obtenir plus de quantité que je suis dans l’incapacité d’accorder sauf désistement d’un attributaire, ce que je viens presque à souhaiter parfois…un comble !

Je mesure aussi la chance que j’ai de pouvoir m’appuyer sur un tel réseau de professionnels locaux, c’est le privilège d’au grand maximum deux cent cinquante Crus à Bordeaux.

Même si je suis heureux de cela, je ne me laisse pas griser par ce succès et je peaufine les préparatifs de la mise en bouteille du 2004 qui aura lieu fin Mai. Le parc de fûts est en ordre, les vins soutirés.

Par contre, nous sommes en retard dans les travaux du vignoble : Jeannine notre dévouée employée s’applique à plier parfaitement à plat (sans arcures) les astes pour que le rang 1 des raisins futurs soit rigoureusement à la même altitude.

Aste levée

 

Aste "pliée"


C’est très long (environ 300.000 ligatures pour la propriété) et comme nous craignions les gelées matinales je n’étais pas pressé de commencer car les bourgeons sur des astes en l’air risquent moins que sur celles qui sont couchées.

Deux hectares sont encore ainsi et ont un aspect curieux, mais fin de la semaine prochaine, il n’y paraîtra plus, la menace due aux « saints de glace » aura également disparue.

La nature est indifférente aux vicissitudes, la loi des saisons règne et le processus végétal de création de la vendange 2006 est enclenché.

Ainsi va ma vie !

Par Jean-Noël Hervé - Publié dans : PRIMEURS
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Lundi 24 avril 2006 1 24 /04 /Avr /2006 13:33

Critiquer à tout va, c’est être intelligent ? Je n’en suis pas convaincu.

Etre honnête, c’est important ? Oui, je le pense sincèrement.

 

Michel Rolland & Jean-Noël Hervé


Lorsque le millésime 1982 est né, nous sommes entrés dans une nouvelle Ere, notamment côté rive droite à Bordeaux.
La hiérarchie des Crus était alors figée. Le classement de 1855 était tel qu’à l’origine, les prix des vins absolument proportionnels à celui-ci.
Dans le bas de l’échelle, force était de constater que la qualité proposée s’alignait sur les possibilités commerciales. Un bon vigneron gérait à l’économie son vignoble, les Négociants achetaient puis revendaient ses vins au niveau définitivement admis et immuable pour son appellation.

Michel et Dany ROLLAND, œnologues diplômés et nouvellement gérants du laboratoire d’analyses et de conseils Jean Chevrier à Libourne ont commencé à tenir d’autres discours.

NON : la qualité d’un vin n’est pas une fatalité,

NON : l’appellation dans laquelle il est produit ne le condamne pas forcément à une position hiérarchique définitive.

OUI : il est possible en travaillant différemment dans le vignoble, en se remettant en cause, en investissant dans des équipements mais surtout dans des hommes, de changer la situation économique de son Cru.

Ils vont en faire la démonstration : Château Le Bon Pasteur 1982.

Lorsque ce vin de leur propriété familiale est présenté, c’est la révolution!

Robert PARKER, alors inconnu, lance l’information : le millésime 1982 est exceptionnel, Le Bon Pasteur : magnifique !

Un château modestement connu vient de produire un chef d’œuvre !

Le négoce traditionnel crie au blasphème : que va penser le commerce mondial si un simple Pomerol dépasse en qualité des Crus Classés ancestraux ? Comment le prix d’un vin s’adapterait non plus à une hiérarchie commerciale mais à sa qualité intrinsèque ?

Pourtant, l’information circule mieux et plus vite que par le passé et le public en prend connaissance rapidement. C’est un succès !

La suite, nous la connaissons, mais il faut comprendre les bienfaits d’une telle histoire pour la viticulture :

Le vigneron n’est plus désarmé face à la valeur à donner à son vin.

Les clients sont prêts à mettre beaucoup plus à la condition d’en avoir pour leur argent.

Cela change tout ; les plus réactifs se lancent immédiatement dans le renouvellement du matériel, des bâtiments, embauchent des techniciens, des œnologues, des ingénieurs agronomes et peaufinent leur vignoble !

Rien ne devient trop cher pour produire la quintessence, c’est le renouveau de l’ensemble de Bordeaux qui est enclenché.

L’économie locale bat son plein, artisans et équipementiers sont débordés, les salaires des employés augmentés, des cadres embauchés.

Le consommateur a du plaisir à déguster ces nouvelles merveilles, il est heureux et se passionne.

Bien entendu le cours de ces vins grimpe, mais le rapport qualité exceptionnelle/ prix reste excellent. Bordeaux devient exemplaire, nous exportons désormais non seulement les vins mais aussi le savoir faire et les hommes dans le monde entier.

L’envie de toujours mieux faire est devenu la règle, certains font même des prouesses élitistes avec les vins de garage (ce que la Formule 1 est à l’automobile : une source de progrès techniques), la viticulture est désormais ambitieuse et fière.

La crise dans laquelle nous sommes aujourd’hui n’est en aucune façon due à ces phénomènes, malheureusement elle met fin à une aventure audacieuse, faute de clientèle suffisante pour acheter toute une production de haut niveau désormais mondiale.

Le premier perdant est le vigneron qui a tout investi dans son outil de travail (y compris sa vie parfois !).

Mais le vrai perdant définitif, ce sera l’amateur de grands vins.

Il pourra certes continuer à acquérir si il en a les moyens les très grands qui sont désormais des produits de grand luxe et plus du tout des produits de consommation.

Il ne pourra plus trouver aussi facilement des beaux vins car les vignerons qui les produisaient ne s’en sortiront plus, ils vont laisser la place à des gestionnaires qui eux vont savoir gagner de l’argent ! Sauront-ils nous faire rêver avec leur vin, moins chers certes, mais….?

Ma conclusion va vous surprendre et particulièrement ceux qui ont visionné le film Mondovino.

Ce sont des individus tels Michel Rolland et Robert Parker qui sont les honnêtes hommes, ils ont encouragé les vaillants et les intelligents, parfois les riches, à faire mieux que ce que les habitudes et les situations privilégiées permettaient aux autres. Ces derniers, nostalgiques du bon temps où ils vivaient de leurs rentes sans efforts, jettent leur hargne sur ces «nouveaux venus» dans le monde du vin et qui sont pour eux les responsables tout trouvés de la crise vinicole.

Eux ne font que des vins de terroirs, des vins naturels, sans rien forcer, comme autrefois ! Voilà pourquoi je les pense malhonnêtes : les vins anciens dans la moyenne (si ce n’est dans leur majorité) étaient défectueux, la reconnaissance aisée des terroirs ou appellations étaient en fait due aux gros défauts, aux erreurs de date de vendanges, aux surproductions certaines années, au peu de soins dans les vinifications et l’élevage, à toutes ces opérations vitales qui étaient plus ou moins bâclées à cause du manque de moyens mis à disposition!

Je tiens donc à exprimer ma reconnaissance éternelle à Michel ROLLAND et aussi à Robert PARKER d’avoir su nous faire relever le défi de la qualité extrême, de nous avoir donné les conseils et les encouragements à relever la tête et à ne pas s’ «auto-excuser» de nos défauts par certaines caractéristiques de nos terroirs ou par la fatalité qui en seraient les responsables !

Robert PARKER est un avocat, et il a toujours été celui des intérêts du consommateur car il a toujours considéré la qualité d’un vin par rapport à son prix, en donnant moins d’importance à son classement officiel, à son appellation ou même à son pays.

Cette clarté dans sa notation a rendu compréhensible à tout un chacun la production viticole mondiale, pas étonnant donc qu’il soit si écouté par les amateurs ;…. il est leur bienfaiteur !

Par Jean-Noël Hervé - Publié dans : Divers
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Jeudi 20 avril 2006 4 20 /04 /Avr /2006 09:17

En quatre séances : vendredi 24 mars, matin puis après midi ainsi que le samedi, les quinze dégustateurs du Grand Jury Européen ont testé les 130 crus Millésime 2001 du Cercle Rive Droite.

 

Avec quelques membres du conseil d’administration, j’ai participé à cette dégustation (mes notes ont été enregistrées mais n’interviendront pas dans les calculs)

A chaque fois 32 verres numérotés (déjà remplis avant notre entrée), une grille vierge et un stylo devant soi. Silence total. Un huissier déambule dans la salle et observe.

Chaque table porte un numéro et son occupant commence la série par le verre portant le même numéro. Si c’est un nombre impair il continue dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, si il est pair, dans le sens normal.

J’ai la table 16, je commencerai donc par le verre 16, puis le 17…etc.

Par soucis de justice je sens préalablement les 5 premiers verres puis les goûte et les crache.

 

Trois certitudes :

 

-         Tous ces vins sont du millésime 2001 de Châteaux membres du Cercle Rive Droite

-         Chaque jour, parmi les 32, il y aura un même vin dans 2 séances.

-         Mon vin est l’un des 130.

 

Je repars donc du 16, le sens, le goûte, le commente par écrit et le note sur 100. Ainsi de suite pour les 32, donc jusqu’au 15.

Les grilles sont sur papier autocopiant. Je nomme et je signe les miennes et remets ma copie à l’huissier. Je garde le double et je sors.

Une demie heure plus tard toutes les notes et commentaires de chacun ont été saisis par informatique et sous contrôle de l’huissier. Alors vient le « debriefing » :

 

-         …table numéro 1 : note et commentaires à haute voix du vin numéro 1 : réaction des autres, position négative ou positive. Le nom du cru nous est dévoilé.

-         … table numéro 2 : idem

-         Etc.…

 

Première constatation : Mon vin ne faisait pas partie de cette série dont le niveau était excellent. L’unanimité est très rare, mais une impression générale se fait jour malgré tout à chaque fois.

 

Après un sympathique déjeuner tous ensemble au Château La Fleur de Bouard à Lalande de Pomerol, nous recommençons l’après midi avec une autre série.

 

Deuxième constatation : je n’ai pas commenté et noté à l’identique la même bouteille mise dans les deux séries mais je suis resté cohérent ! Ouf !

 

Il est 18 heures, je suis épuisé par la concentration qu’exige cet exercice et mes dents sont absolument noires. Heureusement j’ai amené avec moi dentifrice et brosse à dent de voyage pour me redonner un minimum de fraîcheur !

 

Le lendemain, journée identique sauf que mon vin sort dans la troisième séance. Ce n’est pas moi qui le décrit, je ne l’ai pas noté au plus haut niveau tout en le commentant élogieusement. Je ne l’avais absolument pas reconnu, la morale est sauve ! Ouf !

 

Dimanche matin j’assiste au Château La Dauphine à la dégustation de nos 2005 par la Presse. Deux possibilités pour eux :

 

-         une dégustation avec étiquettes découvertes

-         une salle spéciale avec dégustation à l’aveugle

 

Lundi, Mardi, Mercredi et Jeudi, présentation à 3500 visiteurs professionnels internationaux de nos 2005.

 

Dernière constatation :

Tous ces journalistes spécialisés ainsi que ces professionnels du vin sont des gens éminemment sérieux, vous pouvez leur accorder votre confiance même si (et surtout si) plusieurs avis peuvent différer. L’ART EST DIFFICILE.

Par Jean-Noël Hervé - Publié dans : Dégustations/Manifestations
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Vendredi 14 avril 2006 5 14 /04 /Avr /2006 09:15

Les élèves doués supportent de longues études, notre 2004 très classique Bordeaux ne faillira pas à la règle qu’un Grand peut vieillir longtemps !


A quelques jours près, seize mois d’élevage en fûts auront été effectifs pour ce « laissé pour compte » coincé  entre l’inhabituel vin de sécheresse de 2003 et le phénomène de 2005.

Moins exubérant que ces deux « stars » des média, mais sérieux et solide, il se présente aujourd’hui dans une forme athlétique avant la dernière grande épreuve de sa vie chez nous : la mise en bouteilles.

Une période de repos de quelques semaines va suivre ces assemblages et l’égalisation que nous effectuons à l’instant.

Dans quatre semaines il sera emprisonné dans son flacon de verre.

Seul le consommateur en la débouchant pourra plus tard abréger son existence, c’est l’inévitable destin d’une bonne bouteille de vin !

Par Jean-Noël Hervé - Publié dans : Dans les chais
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Jeudi 13 avril 2006 4 13 /04 /Avr /2006 13:49

Vendredi 31 Mars 2006. Lalande de Pomerol. Château de Viaud.

Entre deux séances de dégustation des 2001 du cercle Rive Droite par le Grand Jury Européen, je flânais dans la vieille vigne de Merlots à proximité immédiate de la superbe salle de dégustation.

Rares étaient les bourgeons qui étaient éclatés.

Samedi 1ier Avril. Même lieu, même heure.

Tels des champignons qui poussent en 24 heures, tous les bourgeons avaient éclos !

Ici, à Fronsac, 3kms à vol d’oiseau, mais en plein vent, il a fallu quatre jours de plus pour atteindre le même stade.

Puis les Lundi 10 et Mardi 11, aux aurores le thermomètre a enregistré –1° C, pas de dégâts mais la vigne s ‘est mise « en stand-by ». A chaque rayon de soleil, et grâce à la remontée des températures de l’après-midi, les bourgeons s’éveillent.

Un vieux cep plus précoce nous laisse entrevoir un embryon de grappe. Nous l’appelons localement : une « manne ». Vous pouvez la deviner, sur les photos ci-contre, encore dans le duvet.


Par Jean-Noël Hervé - Publié dans : Dans les vignes
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Mercredi 12 avril 2006 3 12 /04 /Avr /2006 13:44

Comment et pourquoi Château Moulin Haut Laroque est il devenu un des 150 à 300 Crus bordelais qui se négocient annuellement en Primeur ?

1.C’est notre volonté.

Vendre plus tard directement impose des frais tels que participation à des foires ou des salons, avec les repas, les transports, les hôtels, l’acheminement des vins, l’impression de documents publicitaires, etc…Le cumul de toutes ces dépenses représente une somme conséquente que je préfère utiliser directement au profit de la vigne et du vin, générant ainsi un bond qualitatif annuel ! Le consommateur est gagnant.

2.Les millésimes se suivent, mais ne se ressemblent jamais.

Pour employer le vocabulaire d’un restaurateur, je vinifie non selon un menu mais « à la carte ». L’amateur se passionne d’autant plus qu’il est assuré de posséder chaque année une nouvelle expression de notre terroir et de notre savoir faire.

3.Quatre à cinq milles caisses produites, c’est infime en ayant la planète comme clientèle.

Les répartir à des clients réguliers et motivés dès leur production me semble plus valorisant que d’avoir sur les bras un nombre de caisses qu’il faut absolument « caser » à une clientèle passagère.

4.C’est très simple de faire annuellement au même négociant à la même époque l’achat en réservation de notre dernier millésime produit.

Le gain financier est très souvent au rendez-vous, mais surtout à chaque fois on est assuré d’en avoir.
Plus tard rien n’est moins sûr, certainement impossible pour les millésimes mythiques.

5.J’aime l’idée du « partenariat » avec des bons négociants.

Ils apportent leur logistique et leur professionnalisme, ils vont parfaitement poursuivre notre travail d’élaboration. Les vins seront ainsi conditionnés, transportés, livrés dans les conditions optimales.

6.Cela m'oblige à faire "mieux".

La fidélité qu’entraîne ce mode d’achat, m’oblige à des devoirs accrus de qualité envers le consommateur. Je me satisfais grâce à cette motivation supplémentaire d’essayer de toujours mieux faire. 

7.Je n’ai plus le choix :

…la demande est plus forte que mes possibilités !

Par Jean-Noël Hervé - Publié dans : PRIMEURS
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