Quelle belle journée de…Mai, ce dimanche de …Février !

Publié le par Jean-Noël Hervé

Chacun se réjouit en France des températures aussi clémentes, sauf…nous, les viticulteurs.

Vous allez dire que nous sommes des éternels insatisfaits, vous avez raison.

Pourtant, si vous êtes salarié, imaginez que pendant un an vous n’ayez aucun salaire, pire que vous sachiez qu’il va vous falloir travailler à fond pendant l’année qui va venir et que vous aurez à assumer tous les frais sans aucun revenu !

Ce serait un cauchemar éveillé, n’est-ce pas ?

Et bien c’est la peur panique de vivre cela qui fait redouter aux viticulteurs ce temps printanier en avance de deux mois.

En effet, la végétation, leurrée par ces valeurs, va entreprendre son réveil, et les bourgeons vont éclorent ; le cycle sera alors irrémédiablement enclenché. Jusqu’en début Mai, des gelées peuvent se produire et elles « brûleront » les jeunes pousses si elles adviennent.

Les dégâts seront d’autant plus irrémédiables que la vigne aura atteint un stade avancé.

La future récolte est en grand danger. Ce n’est pas une fantaisie de notre esprit, chacun garde en mémoire les millésimes 1956 et plus récemment 1991 qui ont été de vrais sinistres et qui ont vu mourir vignes et …exploitations viticoles familiales.

Quand je pense qu’enfant je me moquais des Gaulois que je trouvais ridicules car ils craignaient que le Ciel ne leur tombe sur la tête, cela ne m’amuse plus du tout, j’ai les mêmes frayeurs !

Si froid il doit y avoir, nous prions pour qu’il arrive le plus vite possible, car alors, l’éclosion (nous disons : le débourrement) serait différée et le potentiel de récolte intact.Grues-cendr-es.jpg

Publié dans Dans les vignes

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