Le "stress" d'une dégustation à l'aveugle

Publié le par Jean-Noël Hervé

En quatre séances : vendredi 24 mars, matin puis après midi ainsi que le samedi, les quinze dégustateurs du Grand Jury Européen ont testé les 130 crus Millésime 2001 du Cercle Rive Droite.

 

Avec quelques membres du conseil d’administration, j’ai participé à cette dégustation (mes notes ont été enregistrées mais n’interviendront pas dans les calculs)

A chaque fois 32 verres numérotés (déjà remplis avant notre entrée), une grille vierge et un stylo devant soi. Silence total. Un huissier déambule dans la salle et observe.

Chaque table porte un numéro et son occupant commence la série par le verre portant le même numéro. Si c’est un nombre impair il continue dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, si il est pair, dans le sens normal.

J’ai la table 16, je commencerai donc par le verre 16, puis le 17…etc.

Par soucis de justice je sens préalablement les 5 premiers verres puis les goûte et les crache.

 

Trois certitudes :

 

-         Tous ces vins sont du millésime 2001 de Châteaux membres du Cercle Rive Droite

-         Chaque jour, parmi les 32, il y aura un même vin dans 2 séances.

-         Mon vin est l’un des 130.

 

Je repars donc du 16, le sens, le goûte, le commente par écrit et le note sur 100. Ainsi de suite pour les 32, donc jusqu’au 15.

Les grilles sont sur papier autocopiant. Je nomme et je signe les miennes et remets ma copie à l’huissier. Je garde le double et je sors.

Une demie heure plus tard toutes les notes et commentaires de chacun ont été saisis par informatique et sous contrôle de l’huissier. Alors vient le « debriefing » :

 

-         …table numéro 1 : note et commentaires à haute voix du vin numéro 1 : réaction des autres, position négative ou positive. Le nom du cru nous est dévoilé.

-         … table numéro 2 : idem

-         Etc.…

 

Première constatation : Mon vin ne faisait pas partie de cette série dont le niveau était excellent. L’unanimité est très rare, mais une impression générale se fait jour malgré tout à chaque fois.

 

Après un sympathique déjeuner tous ensemble au Château La Fleur de Bouard à Lalande de Pomerol, nous recommençons l’après midi avec une autre série.

 

Deuxième constatation : je n’ai pas commenté et noté à l’identique la même bouteille mise dans les deux séries mais je suis resté cohérent ! Ouf !

 

Il est 18 heures, je suis épuisé par la concentration qu’exige cet exercice et mes dents sont absolument noires. Heureusement j’ai amené avec moi dentifrice et brosse à dent de voyage pour me redonner un minimum de fraîcheur !

 

Le lendemain, journée identique sauf que mon vin sort dans la troisième séance. Ce n’est pas moi qui le décrit, je ne l’ai pas noté au plus haut niveau tout en le commentant élogieusement. Je ne l’avais absolument pas reconnu, la morale est sauve ! Ouf !

 

Dimanche matin j’assiste au Château La Dauphine à la dégustation de nos 2005 par la Presse. Deux possibilités pour eux :

 

-         une dégustation avec étiquettes découvertes

-         une salle spéciale avec dégustation à l’aveugle

 

Lundi, Mardi, Mercredi et Jeudi, présentation à 3500 visiteurs professionnels internationaux de nos 2005.

 

Dernière constatation :

Tous ces journalistes spécialisés ainsi que ces professionnels du vin sont des gens éminemment sérieux, vous pouvez leur accorder votre confiance même si (et surtout si) plusieurs avis peuvent différer. L’ART EST DIFFICILE.

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