Vendredi 31 Mars 2006. Lalande de Pomerol. Château de Viaud.
Entre deux séances de dégustation des 2001 du cercle Rive Droite par le Grand Jury Européen, je flânais dans la vieille vigne de Merlots à proximité immédiate de la superbe salle de dégustation.
Rares étaient les bourgeons qui étaient éclatés.
Samedi 1ier Avril. Même lieu, même heure.
Tels des champignons qui poussent en 24 heures, tous les bourgeons avaient éclos !
Ici, à Fronsac, 3kms à vol d’oiseau, mais en plein vent, il a fallu quatre jours de plus pour atteindre le même stade.
Puis les Lundi 10 et Mardi 11, aux aurores le thermomètre a enregistré –1° C, pas de dégâts mais la vigne s ‘est mise « en stand-by ». A chaque rayon de soleil, et grâce à la remontée des températures de l’après-midi, les bourgeons s’éveillent.
Un vieux cep plus précoce nous laisse entrevoir un embryon de grappe. Nous l’appelons localement : une « manne ». Vous pouvez la deviner, sur les photos ci-contre, encore dans le duvet.
Par Jean-Noël Hervé
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Un passage obligé dans la vigne !
La nature est prévoyante :
Chaque bourgeon offre trois possibilités de pousse,
- La première, normale, portera le futur raisin.
- La deuxième (1ier contre-bourgeon), de même mais n’apparaît qu’en cas de disparition de la première.
- Puis la troisième (2ieme contre-bourgeon), dernier recours, en général non fructifère.
La nature a aussi ses caprices :
Il arrive que bourgeon et 1ier contre bourgeon poussent en même temps doublant ainsi le nombre de grappes.
Le producteur est vigilant :
Comme l'illustrent les photos ci-dessous, nous éliminons à la main chaque contre-bourgeon, évitant ainsi un entassement de grappes qui seraient non désirées puisque concurrentes des premières et de maturité plus tardive de surcroît !
Par Jean-Noël Hervé
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La vigne, une plante attachante ! :
Cela m’a toujours étonné.
En poussant les bois de vignes forment soit des grappes soit des vrilles.
Ces dernières s’élancent dans le ciel et arrivent à saisir elles même le fil de fer que nous avons installé pour elles !
Incroyable, et pourtant vrai.
Un végétal ne serait donc pas si idiot que cela !
La vigne est vraiment fascinante, mais cela je le sais depuis mon enfance pendant laquelle j’ai constaté que toute ma famille la respectait plus que tout autre végétal.
Par Jean-Noël Hervé
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Du terrain nu à une vigne établie il y a foule de travaux à réaliser et certains dont on ne parle jamais.
C’est le cas de l’équerrage, puis du marquage.
Equerrage :
Optimiser l’implantation par rapport au terrain disponible
Respecter une orientation (Nord –Sud).
Implanter à la densité (nombre de pieds à l’hectare) voulue en choisissant espacement entre rangs et entre pieds
Marquage :
Pose des « marquants », des tuteurs en acacias en fait, en respectant la densité (nombre de pieds à l’hectare) voulue en choisissant espacement entre rangs et entre pieds.
Ces travaux très particuliers sont effectués par l’intermédiaire de notre pépiniériste, mais bien sûr sous ma responsabilité et mon contrôle.
Seulement ces travaux terminés, nous pourrons planter un jeune pied contre chaque « marquant »
Par Jean-Noël Hervé
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Aujourd’hui, mardi 11 Juillet 2006 :
La vigne est magnifique et la récolte 2006 potentiellement importante.
Les effeuillages côté soleil levant que nous avons différés à cause de la canicule précoce sont maintenant imminents.
Nous savons déjà que nous allons mettre à jour une récolte abondante.
Laisser la vigne en l’état c’est l’assurance de récolter le quota à coup sûr.
La soulager d’une partie des grappes c’est se donner la chance de faire un Grand Vin si les conditions climatiques jusqu’aux vendanges restent favorables.
Eh bien voilà le choix est Cornélien, car bien entendu le coût de revient sera directement proportionnel au rendement !
Bien entendu, faire un Grand Vin a d’autres exigences que de récolter un simple bon vin, à commencer par la nécessité d’avoir une quantité très limitée.
C’est ce mois que je dois déterminer cela, ensuite les jeux seront faits !
Il n’y a pas que la vigne qui stresse en Juillet !!
Par Jean-Noël Hervé
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Canicule de Juillet… Canicule de Septembre…millésime 2006
Incroyable, non ?
A-t-on jamais vu pareilles circonstances climatiques à Bordeaux ?
Je serais bien curieux de savoir ! Mes archives familiales sont trop récentes pour y trouver réponse !
Savez vous qu’à l’étranger la rumeur que Bordeaux 2006 ne serait pas un grand millésime a été largement reprise par la Presse fin Aout?
C’est tout de même grave, les média tellement friands de « scoops » se ruent sur les rumeurs et sans la moindre prudence propagent des informations qui n’en sont pas ou plus.
Bien entendu il est probable qu’il a été dit que les conditions climatiques d’Août n’étaient pas
Idéales, mais certainement avec l’idée que l’on ne peut pas tout avoir et notamment deux mois de canicule ! Et pourtant !
Juillet a été particulièrement beau et chaud, nous sommes certains que le gain qualitatif engrangé ce mois (ce qui était le cas habituel en Août) va se retrouver aux vendanges.
Les raisins sont magnifiques et se goûtent idéalement jusqu’à ce jour.
Samedi 9 Septembre, 15 heures 08 : 37.1 degrés Celsius au creux des grappes
La température ambiante actuelle est particulièrement haute pour Septembre (nous sommes dans les records) ce qui assainit et mûrit merveilleusement les grappes.
Si aucun déluge ne nous touche d’ici la fin du mois, tout sera réuni pour créer un vin d’anthologie !
Mais ne vendons pas la peau de l’ours….
Wait and see.
Par Jean-Noël Hervé
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La pruine est une couche cireuse, légèrement poudreuse, présente sur le bambou, certains fruits (raisin, mirabelle, prune…), certains champignons, et qui les protège naturellement des agressions extérieures.
Étymologie : le terme vient du latin pruina qui désignait la gelée blanche.
Voilà notre bouclier à la pluie vu de près :
Bien visibles les gouttelettes de pluie qui ne peuvent pénétrer dans les grains imperméabilisés naturellement.
Conclusion : ce n’est pas par osmose à travers la pellicule du raisin que nous risquons la dilution, mais majoritairement par absorption des pluies par les racines.
Nos sols argileux en surface se « gonflent » en présence de pluie et deviennent difficiles voire impossibles à pénétrer.
Le sol enherbé est bien moins perméable qu’un sol travaillé (qui lui se comporte comme une éponge), c’est une des raisons de ce choix de culture à Moulin Haut Laroque.
Il est honnête de vous dire que l’absence de pluies à cette saison représenterait l’idéal, mais je ne maîtrise pas ce choix !
Par Jean-Noël Hervé
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Jeudi 21 Septembre 2006 6 h du matin.
Dans deux heures: .... coup d’envoi des vendanges 2006.
Il fait 20°C, le temps est clair, le vent présent. Tout semble aller pour le mieux et pourtant dans ma tête c’est l’ouragan : est-ce que je n’ai pas oublié de considérer un paramètre ?
Est-ce que le week-end à venir que la météo nous annonce pluvieux va nous épargner ?
L’année dernière nous avions débuté aussi le 21 septembre mais il faisait 9° à 8 h !
Allez, courage, dans l’action cela va aller, mieux que dans la réflexion !
Nos Malbecs sont à point, c’est par eux que nous allons commencer.
Par Jean-Noël Hervé
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Jeudi 21 Septembre 2006 14 Heures
Quel dommage de couper d'aussi belles grappes que celle là.

C'est super cet après midi!
Par Jean-Noël Hervé
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Commentaires