Vendredi 14 avril 2006
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Les élèves doués supportent de longues études, notre 2004 très classique Bordeaux ne faillira pas à la règle qu’un Grand peut vieillir longtemps !
A quelques jours près, seize mois d’élevage en fûts auront été effectifs pour ce « laissé pour compte » coincé entre l’inhabituel vin de sécheresse de 2003 et le phénomène de 2005.
Moins exubérant que ces deux « stars » des média, mais sérieux et solide, il se présente aujourd’hui dans une forme athlétique avant la dernière grande épreuve de sa vie chez nous : la mise en bouteilles.
Une période de repos de quelques semaines va suivre ces assemblages et l’égalisation que nous effectuons à l’instant.
Dans quatre semaines il sera emprisonné dans son flacon de verre.
Seul le consommateur en la débouchant pourra plus tard abréger son existence, c’est l’inévitable destin d’une bonne bouteille de vin !
Par Jean-Noël Hervé
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Mardi 16 mai 2006
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09:21
De 6 heures à 20 heures sans interruption, je suis occupé à la mise en bouteilles et je veille à tout. Le nombre de détails à maîtriser est impressionnant.
Comme pour chaque millésime, j’ai le sentiment très fort de l’avoir « raté ». Dans ces derniers instants où mon sens critique doit être très éveillé pour éviter tout problème, je ne vois que les défauts, que les imperfections. Si ce phénomène ne m’était pas arrivé à chaque fois, je pourrais croire à une déprime.
Cela me rappelle les études, à quelques heures des examens : malgré un bon niveau et des révisions consciencieuses, même (ou surtout) le bon élève éprouve la sensation de ne plus rien savoir, de ne pas être en mesure de réussir.
Cette impression de ne pas être le « maître » de la situation me rend encore plus attentif, plus concentré.
Quand je vous dis qu’il faut avoir une bonne dose de masochisme en soi pour faire du bon vin !!
Par Jean-Noël Hervé
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Samedi 23 septembre 2006
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13:29
Samedi 23 Septembre 2006
Nous travaillons ce samedi car les prévisions météorologiques sont peu positives pour la semaine à venir qui devrait être celle des vendanges de nos meilleures parcelles.
Nous verrons bien !
Le tri des grains nous permet d’éliminer quelques bouts de rafles entraînés par des grains restés attachés, quelques bris de feuilles, des petits escargots … rien de bien méchant.
Je suis tout de même bien content que cela ne macère pas avec nos jolis grains !
Par Jean-Noël Hervé
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Jeudi 5 octobre 2006
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Jeudi 5 Octobre 2006 :
Dans le cuvier de Château Moulin Haut Laroque, on ne …manque pas d’air !
Faire couler en cascade le jus d’une cuve pour le « remonter » permet d’arroser les raisins qui flottent dans la cuve et ainsi entreprendre « à cœur » la macération des peaux.
Mais ce faisant nous oxygénons le moût, dopant ainsi les levures qui vont dégrader lentement mais sûrement le sucre en alcool.
La dégustation en sera bien meilleure également !
C’est un travail cuve par cuve, bi-quotidien.
Et en plus c’est spectaculaire :
Par Jean-Noël Hervé
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Jeudi 19 octobre 2006
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16:14
Nous sommes au temps des « écoulages »
Une fois les jus égoutés, puis les marcs pressés, ces derniers sont confiés à une distillerie qui va les remouiller et produire de l’alcool.
Cette production vient apurer un impôt en nature dû par tous les producteurs de vins à l’Etat.
Ultérieurement, si nous le désirons, nous pourrons faire revenir ces marcs après distillation pour les utiliser comme compost dans nos sols.
Ainsi, rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme !
Par Jean-Noël Hervé
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Dimanche 26 novembre 2006
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10:01
Il y a des périodes dans la vie professionnelle où les discours laissent place à l’ ACTION !
Depuis les vendanges, derniers jours de Septembre, je suis accaparé du matin tôt au soir tard par les vinifications et le début d’élevage des 2006. Le travail est intensif et le temps disponible en est réduit à néant.
Mais aujourd’hui, tout est en ordre dans les chais, les fûts pleins, les fermentations malolactiques terminées. Mission accomplie !
Je pars à nouveau au Japon pour fêter l’ouverture par notre distributeur d’un magasin supplémentaire et y « prêcher » la bonne parole sur mes vins et ceux de Bordeaux en général.
Dès mon retour, nous allons soutirer nos 2005 qui vont ainsi subir :
un « éliage » (sortir un peu de dépôt formé dans le bas des fûts)
une oxygénation (par le simple fait de transvaser d’un fût vers une cuve puis retour après lavage du fût)
un assemblage partiel (consiste à utiliser le transit d’une cuve pour mélanger les vins de fûts qui me semblent complémentaires)
Vivement mon retour, le temps des pré-assemblages est passionnant, je vous raconterai.
Sayonara !
Par Jean-Noël Hervé
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Jeudi 24 mai 2007
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13:56
Mise en bouteilles de notre millésime 2005 :
Et voilà, la belle aventure du millésime 2005 se termine en ce moment pour moi.
Car à ce stade, le vin est définitivement scellé dans les bouteilles.
Aux clients désormais de prendre mon relais et de veiller au bon stockage de celles-ci !
Snif !!!
Par Jean-Noël Hervé
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Jeudi 28 juin 2007
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11:12
Depuis quelques mois j’entendais quelques bruits curieux en provenance des cercles bois de mes barriques.
Pensant à une vrillette isolée, je ne m’attendais pas à voir tout le mois de Juin une multiplication de petits capricornes qui s’accouplaient allègrement dans l’obscurité des chais!!
Me refusant à tout traitement chimique, j’ai installé des désinsectiseurs électriques et chaque matin et chaque soir de ce mois, j’ai procédé à une destruction manuelle.
Cette péripétie me conduit à penser que :
Les tonneliers qui fabriquent mes fûts ne trichent pas et qu’ils n’ont employé aucun insecticide chimique.
Les cercles extérieurs en bois (de tradition dans la tonnellerie de haut niveau) vont devoir être remplacés pas des cercles en acier, tant pis pour l’esthétique et le confort pour les mains lorsque nous soutirons.
Je vous précise que ces bestioles ne touchent pas au chêne des fûts mais seulement à l’aubier (partie tendre) du châtaigner qui est utilisé pour « parer » la barrique avec quatre cerclages externes, leur présence n’a aucune influence sur le vin qui est à l’intérieur bien protégé par la dureté du chêne.
A cause du soucis de ne pas polluer l’atmosphère, de nombreux chais neufs en France ont des charpentes en bois non traité, qu’adviendra t’il après une attaque comme mes cercles de fûts viennent de subir ?
Par Jean-Noël Hervé
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Dimanche 1 juillet 2007
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08:08
Nous sommes tous certains qu’un grand vin est le résultat d’un nombre considérable de petits détails maîtrisés.
Je vais vous montrer comment nous acceptons même des contraintes qui n’interviennent pas dans la qualité intrinsèque du vin.
Voyez la première photo, les bouteilles sont face en l’air, étiquettes bien lisibles, c’est esthétique.
Maintenant lorsque vous ouvrirez un carton de chez nous, vous allez voir ce que vous montre la deuxième photo ! Les bouteilles sont couchées sur le côté, les étiquettes partiellement cachées. Ce n’est pas très beau, et vous allez vous dire que je ne prends pas beaucoup soin lors des mises en caisses et que je pose les bouteilles comme elles viennent, en désordre.
Et bien vous vous trompez, cela me procure plus de travail, en effet pour la couche supérieure, je les dispose sciemment comme cela et non pas au hasard de leur arrivée dans mes mains !
La raison est très simple, lorsque vous allez donner un coup de cutter ou de couteau en ouvrant le carton, vous allez faire courir la lame sur les bouteilles et ainsi rayer ou même couper les étiquettes qui seraient tournées face au ciel !
Sans organisme de contrôle qualité, il y a longtemps que tous ici, nous faisons attention à ce détail.
C’est une petite attention envers vous tous qui nous faîtes confiance.
Par Jean-Noël Hervé
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Lundi 6 août 2007
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18:15
Impatients d’être aux vendanges, je peaufine le système de réception des raisins.
L’équation est simple : pour vendanger mûr il va falloir attendre très tard.
La vigne effeuillée, éclaircie doit pouvoir nous le permettre surtout avec l’aide du vent qui nous assèchera les grappes mises à nu.
Mais, plus on vendange tard, plus on s’approche de la limite de la dégradation de l’état sanitaire.
Sans être devin, il va donc falloir trier, pour ce millésime, encore plus à fond que d’habitude des raisins amenés au bout d’un cycle végétatif rallongé.
La suppression des effets néfastes de la vis hélicoïdale des traditionnels tombereaux est effective avec l’adoption du système de ramassage et de transport en cagettes.
Par contre la longueur de convoyage par tapis en est doublée. Bon point : nous aurons une vision rallongée de nos grappes et de nos grains.
Un autre petit plus : cette installation va nous permettre de fouler* ou non les grains selon leur cépage, leur consistance.
(* fouler, c’est, grâce au passage calibré des grains entre deux rouleaux en caoutchouc, fendre le grain pour libérer le jus, sans écraser les pépins)
Vivement dans deux mois !
Par Jean-Noël Hervé
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