Divers

Lundi 24 avril 2006

Critiquer à tout va, c’est être intelligent ? Je n’en suis pas convaincu.

Etre honnête, c’est important ? Oui, je le pense sincèrement.

 

Michel Rolland & Jean-Noël Hervé


Lorsque le millésime 1982 est né, nous sommes entrés dans une nouvelle Ere, notamment côté rive droite à Bordeaux.
La hiérarchie des Crus était alors figée. Le classement de 1855 était tel qu’à l’origine, les prix des vins absolument proportionnels à celui-ci.
Dans le bas de l’échelle, force était de constater que la qualité proposée s’alignait sur les possibilités commerciales. Un bon vigneron gérait à l’économie son vignoble, les Négociants achetaient puis revendaient ses vins au niveau définitivement admis et immuable pour son appellation.

Michel et Dany ROLLAND, œnologues diplômés et nouvellement gérants du laboratoire d’analyses et de conseils Jean Chevrier à Libourne ont commencé à tenir d’autres discours.

NON : la qualité d’un vin n’est pas une fatalité,

NON : l’appellation dans laquelle il est produit ne le condamne pas forcément à une position hiérarchique définitive.

OUI : il est possible en travaillant différemment dans le vignoble, en se remettant en cause, en investissant dans des équipements mais surtout dans des hommes, de changer la situation économique de son Cru.

Ils vont en faire la démonstration : Château Le Bon Pasteur 1982.

Lorsque ce vin de leur propriété familiale est présenté, c’est la révolution!

Robert PARKER, alors inconnu, lance l’information : le millésime 1982 est exceptionnel, Le Bon Pasteur : magnifique !

Un château modestement connu vient de produire un chef d’œuvre !

Le négoce traditionnel crie au blasphème : que va penser le commerce mondial si un simple Pomerol dépasse en qualité des Crus Classés ancestraux ? Comment le prix d’un vin s’adapterait non plus à une hiérarchie commerciale mais à sa qualité intrinsèque ?

Pourtant, l’information circule mieux et plus vite que par le passé et le public en prend connaissance rapidement. C’est un succès !

La suite, nous la connaissons, mais il faut comprendre les bienfaits d’une telle histoire pour la viticulture :

Le vigneron n’est plus désarmé face à la valeur à donner à son vin.

Les clients sont prêts à mettre beaucoup plus à la condition d’en avoir pour leur argent.

Cela change tout ; les plus réactifs se lancent immédiatement dans le renouvellement du matériel, des bâtiments, embauchent des techniciens, des œnologues, des ingénieurs agronomes et peaufinent leur vignoble !

Rien ne devient trop cher pour produire la quintessence, c’est le renouveau de l’ensemble de Bordeaux qui est enclenché.

L’économie locale bat son plein, artisans et équipementiers sont débordés, les salaires des employés augmentés, des cadres embauchés.

Le consommateur a du plaisir à déguster ces nouvelles merveilles, il est heureux et se passionne.

Bien entendu le cours de ces vins grimpe, mais le rapport qualité exceptionnelle/ prix reste excellent. Bordeaux devient exemplaire, nous exportons désormais non seulement les vins mais aussi le savoir faire et les hommes dans le monde entier.

L’envie de toujours mieux faire est devenu la règle, certains font même des prouesses élitistes avec les vins de garage (ce que la Formule 1 est à l’automobile : une source de progrès techniques), la viticulture est désormais ambitieuse et fière.

La crise dans laquelle nous sommes aujourd’hui n’est en aucune façon due à ces phénomènes, malheureusement elle met fin à une aventure audacieuse, faute de clientèle suffisante pour acheter toute une production de haut niveau désormais mondiale.

Le premier perdant est le vigneron qui a tout investi dans son outil de travail (y compris sa vie parfois !).

Mais le vrai perdant définitif, ce sera l’amateur de grands vins.

Il pourra certes continuer à acquérir si il en a les moyens les très grands qui sont désormais des produits de grand luxe et plus du tout des produits de consommation.

Il ne pourra plus trouver aussi facilement des beaux vins car les vignerons qui les produisaient ne s’en sortiront plus, ils vont laisser la place à des gestionnaires qui eux vont savoir gagner de l’argent ! Sauront-ils nous faire rêver avec leur vin, moins chers certes, mais….?

Ma conclusion va vous surprendre et particulièrement ceux qui ont visionné le film Mondovino.

Ce sont des individus tels Michel Rolland et Robert Parker qui sont les honnêtes hommes, ils ont encouragé les vaillants et les intelligents, parfois les riches, à faire mieux que ce que les habitudes et les situations privilégiées permettaient aux autres. Ces derniers, nostalgiques du bon temps où ils vivaient de leurs rentes sans efforts, jettent leur hargne sur ces «nouveaux venus» dans le monde du vin et qui sont pour eux les responsables tout trouvés de la crise vinicole.

Eux ne font que des vins de terroirs, des vins naturels, sans rien forcer, comme autrefois ! Voilà pourquoi je les pense malhonnêtes : les vins anciens dans la moyenne (si ce n’est dans leur majorité) étaient défectueux, la reconnaissance aisée des terroirs ou appellations étaient en fait due aux gros défauts, aux erreurs de date de vendanges, aux surproductions certaines années, au peu de soins dans les vinifications et l’élevage, à toutes ces opérations vitales qui étaient plus ou moins bâclées à cause du manque de moyens mis à disposition!

Je tiens donc à exprimer ma reconnaissance éternelle à Michel ROLLAND et aussi à Robert PARKER d’avoir su nous faire relever le défi de la qualité extrême, de nous avoir donné les conseils et les encouragements à relever la tête et à ne pas s’ «auto-excuser» de nos défauts par certaines caractéristiques de nos terroirs ou par la fatalité qui en seraient les responsables !

Robert PARKER est un avocat, et il a toujours été celui des intérêts du consommateur car il a toujours considéré la qualité d’un vin par rapport à son prix, en donnant moins d’importance à son classement officiel, à son appellation ou même à son pays.

Cette clarté dans sa notation a rendu compréhensible à tout un chacun la production viticole mondiale, pas étonnant donc qu’il soit si écouté par les amateurs ;…. il est leur bienfaiteur !

Par Jean-Noël Hervé
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Mardi 9 mai 2006

A l’ouverture de mes fenêtres, voici ce que j’ai vu ce matin :



Notre vignoble illuminé par le soleil levant, émerge d’une « mer de brume » dans laquelle baignent la rivière Isle, le vignoble de Pomerol et la périphérie de la ville de Libourne situés plus bas à quelques kilomètres , face à nous, plein Est.

Par Jean-Noël Hervé
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Mercredi 24 mai 2006

Le Menhir de Moulin Haut Laroque :

 

D’origine Bretonne, j’ai plus la carrure d’un Astérix que d’un Obélix, mais il n’est pas si étonnant qu’un Menhir marque l’entrée du vignoble familial.

En réalité c’est un fragment (si je puis dire, car il pèse plus de 10 tonnes !) d’une strate de calcaire à Astéries arraché au vignoble attenant  et érigé en Menhir.

Ces couches de calcaire en sous sol, en alternance avec de l’argile sont une des particularités de notre Terroir.

Les racines de la vigne dans l’impossibilité de les traverser, courent dessus et pénètrent dans les infractuosités pour y puiser leur « sève » si particulière.

Par Jean-Noël Hervé
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Mercredi 14 juin 2006

Le prix des 2005 s’envole pour les Crus les plus connus de Bordeaux.

 Voici un Email reçu de Zürich dans ma boite électronique :

 Bonjour,
aujourdhui j'ai achter votre 2005 vin "en primeur". 
Depuis des annee je suis toujour tres contente avec
 la qualite de vos vins et je remarque, que vous
rester sur la terre avec les prix meme si mr. parker
vous donne des note >90.
continuez comme ca!
cordialement,
adrian
 Voilà ma réponse :

 Bonsoir Monsieur,
Merci beaucoup pour votre fidélité à notre Château Moulin Haut Laroque
Ma famille cultive les vignes de cette propriété depuis plus de 200 ans
Nous avons une ligne de conduite à tenir: la tradition.
Les notes de Robert PARKER récompensent notre travail, mais le prix de notre vin est fixé par rapport à nos coûts de revient qui sont assez élevés.
Nous essayons d'être très raisonnables, aussi le problème que nous rencontrons c'est que nous n'avons plus de vins à vendre, tout est réservé d'avance. Il s'agit d'une grande confiance qui s'est installée entre nous et nos clients.
Merci encore pour votre gentil mot qui nous donne encore plus envie de faire de mieux en mieux dans notre travail pour  vous satisfaire.
Cordialement.
Jean-Noël HERVE

Par Jean-Noël Hervé
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Lundi 19 juin 2006

Bouchon à l’envers !

 

La face extérieure d’un bouchon est souvent le siège de moisissures dues au taux d’humidité élevé des lieux d’entreposage.


Si la bouteille n’est pas totalement bue (…c’est mauvais signe !), elle devra être provisoirement rebouchée.

Je suis toujours consterné de voir dans ces cas là, y compris chez des pros, réutiliser le vieux bouchon tête en bas !


La raison c’est qu’ainsi il est plus facile à enfoncer, mais la conséquence est que le vin est instantanément contaminé par les moisissures qui se retrouvent dans la bouteille.

1ère astuce : Reboucher du coté d’origine, en faisant tourner tout en enfonçant.


Mais sauvé des moisissures, le vin ne le sera pas de l’oxydation à cause de l’air emprisonné dans la bouteille qui devra être bue en urgence.

2ème astuce :pour gagner quelques heures supplémentaires de conservation, mettez cette bouteille en attente au réfrigérateur, la dégradation irrémédiable due à l’oxydation sera ainsi ralentie jusqu’à la remise à bonne température et à sa consommation totale un jour ou deux plus tard (…enfin !)

 

Par Jean-Noël Hervé
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Lundi 3 juillet 2006

Château Moulin Haut Laroque chez Vinos Yamazaki


Voilà une semaine passée au Japon chez les importateurs de nos vins.

Un  « Wine Festival » à Shizuoka et un autre à Tokyo m’ont permis de présenter différents millésimes à plus de mille personnes !


Quel plaisir d’échanger des paroles avec des gens si attentifs !

L’Education des Japonais est impressionnante, ils sont non seulement

Economiquement mais aussi culturellement riches.

Je suis aussi toujours agréablement surpris par la magnifique adaptation de nos vins à leur cuisine.


Le poisson étant largement le plat de résistance le plus courant, on pourrait craindre le contraire avec nos vins rouges taniques.

En réalité, peu d’épices sont utilisés, préservant le goût naturel des éléments qui sont d’une fraîcheur parfaite.

Le raffinement est rendu visible grâce à une présentation recherchée.

Serons nous à la hauteur de leur perfection ?

Par Jean-Noël Hervé
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Lundi 17 juillet 2006


Avertir une femme enceinte que s’enivrer est préjudiciable à son foetus , rappeler que des sulfites (même contenus à infime dose) sont allergènes, que l’appellation d’origine doit être imprimée deux fois, une fois en clair, une autre fois en plus gros, que l’indication de la centilisation doit avoir des caractères de hauteur proportionnelle au volume, que le degré d’alcool doit être mentionné en hauteur de 2.5 minimum à 3 mm maximum, etc… sont quelques unes de nos obligations en matière d’étiquetage.

Certains pays en rajoutent :

- Pour les USA un texte appelé GOVERNMENT WARNING est obligatoire, ainsi que les coordonnées de la société qui importe.

- Pour le Québec, chaque mention Française doit être doublée en Anglais, par exemple si il y a : Produit de France, il nous faut aussi imprimer dans la même taille : Produce of France !

Lorsqu’on ajoute un  numéro de lot, un code barre (à l’export indispensable), un logo point vert (retraitement des déchets), une éventuelle récompense,… nous arrivons à une surface imprimée considérable.

Je ne conteste pas l’utilité de ces avertissements et précautions, mais je pense que c’est le vin qui est dans la bouteille qui doit être complexe pas la vision de son étiquette.

Depuis longtemps je désirais aussi informer le consommateur sur la proportion des cépages utilisés et sur quel plats je leur conseillais de boire mon vin, la solution d’apposer une contre-étiquette s’est imposée.

Cette dernière devient l’étiquette principale au sens de la loi, elle comporte toutes les mentions légales.

Ainsi j’ai dépouillé l’étiquette de façade d’autant. Elle devient ce que j’ai envie de montrer et rien de plus, elle est sobre et j’espère chic.

Par Jean-Noël Hervé
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Vendredi 4 août 2006

Sur un des frontons de notre vieux cuvier vous pouvez apercevoir une sculpture dans la pierre du bâtiment

Outre les grappes, il y a la représentation d’un:

E dans l’ O.

 

Telle est l’énigme !

 

Dans la famille HERVE, la règle était de n’avoir qu’un enfant unique par génération qui curieusement était toujours un garçon.

(J’ai personnellement rompu cette tradition puisque nous avons deux enfants, mais tout de même deux garçons !)

 

Fait du hasard, cela a permis de ne pas diviser la propriété et d’en conserver l’exploitation au fil des siècles.

Pourtant un décès prématuré a fait qu’un beau-père a dû assurer la direction de notre vignoble pendant la pire des périodes, celle du phylloxera , fin du XIX ème siècle.

Cet homme a eu une vie de labeur intense, il a dû repartir à zéro, les vignes ayant été anéanties .

A la fin de sa vie non seulement il avait tout remis sur pied mais il a ajouté la partie Haut Laroque à la propriété familiale du Moulin, et définitivement constitué notre Cru.

Tonnelier de formation, il a fait bâtir un chai et un cuvier « modernes » autorisant un long élevage généralisé en barriques peu pratiqué localement.

Cette construction a été longue à aboutir car les moyens manquaient cruellement, mais enfin en 1909 le chantier se termina.

La pierre sculptée en atteste et lui rend hommage.

Il s’appelait :

E dmond  O lier .

 

 

Par Jean-Noël Hervé
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Mercredi 23 août 2006

Sur une des façades de notre maison vous pouvez apercevoir une sculpture dans la pierre.

Idem sur une cheminée du Château Cardeneau, demeure actuelle de ma mère.

Le blason est celui du Duché de Fronsac, mais à l’intérieur, une curieuse forme de H est représentée.

Beaucoup pensent qu’il s’agit de l’initiale du nom familial Hervé, en fait pas du tout.

Il s’agit de la reproduction de la ferrure qui rigidifiait la meule d’un moulin.

Utilisé comme signe héraldique par la branche bretonne de la famille, il a été juxtaposé plus récemment  au blason du duché de Fronsac dans le milieu des années 50 par mon père très nostalgique de notre Bretagne ancestrale mais qui se souvenait aussi que notre lieu-dit Le Moulin, base de notre vignoble familial, comportait un moulin à vent.

Dans ce dernier, la meule renforcée par ce fer écrasait le blé récolté dans la plaine juste face à nous, c'est-à-dire aujourd’hui….  Pomerol !

Selon les époques et les modes, ce blason « maison » a été reproduit ou non sur nos étiquettes.

 

Par Jean-Noël Hervé
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Samedi 26 août 2006

Hier soir avec un couple d’amis américains nous sommes « sortis »…à Saint-Emilion !

Nous sommes allés partager un moment d’amitié et de gastronomie simple au Clos Saint Julien.

 

Pascal FAUVEL nous a séduit par son amabilité et par la qualité de plats simples tels que de la charcuterie de Bigorre, du pain de chez Maitre à Bordeaux, des tomates maison et des fromages Jean d’Alos qu’il a sélectionnés.

Et je ne vous parle pas des douceurs…sublimes !

Les vins, c’était aussi le but de notre soirée, sont choisis et commentés (et de quelle façon !) par Pascal qui pendant quatorze ans chez LEGRAND (il y est toujours consultant) à Paris, 1 rue de la Banque, a parfait une connaissance exceptionnelle des grands et petits breuvages de toute la France.

Nous avons apprécié Clos Saint Julien, mais aussi des vins originaux de toute la France dont Pascal aime les producteurs. Si vous voulez vous en convaincre écoutez le en parler.

Pas de tralala, juste de la compétence, du bon goût, en résumé que du bonheur !

 

Par Jean-Noël Hervé
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